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2015

Une année en 365 tranches

Le défi: parler chaque jour de quelque chose sans tomber dans mon nombril, le lieu commun ou le journalisme (résultat non garanti). Quelque chose qui peut être presque rien ou un événement faisant la une.
Si vous voulez en savoir plus sur moi, je vous conseille de lire ceci.
Textes et illustrations, sauf avis contraire, sont © Jean Rebuffat, Bruxelles, 2014-2015

Réchauffement climatique

Novembre Posted on 01 Dec, 2015 01:04:40

Ainsi donc, on s’alarme, on grand-messe, on se cop21. La montée des eaux est inéluctable. Les calottes fondent (les glaciaires, s’entend). Les eaux des océans se dilatent.
Toi qui aimes tant la côté belge (en néerlandais: de Vlaamse kust), me dit-on, ça ne t’inquiète pas? Mais non, et pour deux raisons. La première c’est que la mer du Nord, qu’elle soit néerlandaise, belge ou française, est dans mon esprit et mon vécu une affaire d’enfance, la mienne et celle de mes enfants. Et je n’ai plus d’enfants dans l’acceptation “petits”. Je me suis rendu compte que mes séjours à la mer, cette année, avaient été surtout méditerranéens, plus une fois la côte picarde. Mais surtout, je sais que les Flamands, peuple industrieux et malin, ont prévu la parade de longue date. Toute la côté est hérissée de buildings dont il suffira de bétonner les deux premiers étages pour réduire à néant une montée des océans correspondant à un réchauffement de 6° d’ici la fin du siècle. Ce n’était pas du mauvais urbanisme, non non: une nouvelle forme de digue.
Il paraît que les Hollandais enragent de n’y avoir pas pensé, ce qui en prime fait exulter les Flamands.
A demain.



Le chou-fleur et la salamandre

Novembre Posted on 29 Nov, 2015 22:50:27

Un
gros chou-fleur
Attend
son heure
Seul
sous la pluie
Comme
il s’ennuie
Dans
ce jardin
Près
de son nain
À
Luxembourg
Près
de la cour

en été
Viennent
jouer
Tous
les enfants
Petits
et grands

Il
rêve d’ail
Et
de persil
Car
comme il caille
Cet
imbécile
Il
voudrait être
Soupe
ou gratin
Il
veut renaître
C’est
son destin
Qu’il
revendique
Être
quelqu’un
Être
magique
Être
divin

La
salamandre
Se
fait attendre
Quand
elle arrive
Pas
d’autre rive
Au
mieux festin
On
s’en souvient
Pour
trois fois rien
Un
peu de bien
Tout
comme lui
Froid
ou ennui
On
se condamne
Et
l’on se damne.

A demain. Je vous placerai la vraie photo, mais la batterie de mon appareil est morte et je n’ai pas le chargeur avec moi.



Qu’il est beau mon drapeau

Novembre Posted on 28 Nov, 2015 18:30:39

On n’a plus jamais vu autant de drapeaux bleu blanc rouge flotter au vent en France depuis 1998 et la victoire mondiale des Bleus en football. Certains s’interrogent, certains s’effraient, certains dénoncent: ne s’agit-il pas d’une dérive nationaliste? La question, je la retourne: le drapeau français est à la fois un symbole révolutionnaire et un symbole unitaire. En effet, c’est le blanc royal ajouté aux couleurs de Paris et le drapeau tricolore a aussi marqué la fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, un beau moment d’unanimité nationale.
Il n’est pas nécessaire d’être d’extrême droite pour agiter un drapeau. Je ne disconviens pas de l’effet pervers, quand le drapeau est brandi comme un étendard de la tyrannie. Mais je n’ai pas honte de l’agiter quand il est dans sa première fonction: un symbole d’identité. D’ailleurs il est flanqué du drapeau européen, celui-là même que les zozos qui gouvernent aujourd’hui la Hongrie et la Pologne abhorrent et escamotent.
J’ai lu sur les réseaux sociaux cette réflexion d’une petite fille: “Je comprends mieux les couleurs du drapeau, maintenant. Le bleu pour les policiers, le blanc pour les médecins, le rouge pour les pompiers.” Un symbole, c’est libre d’interprétation.
A demain.



Envies

Novembre Posted on 27 Nov, 2015 23:32:15

Envie d’un peu de soleil
D’instants d’antan revenus
Envie d’un peu de merveilles
Dans l’eau de mer les pieds nus
Envie de me rappeler
Des cris d’enfants sur la plage
Et envie de réchapper
De ce qui sera naufrage.

A demain.



Parlons d’autre chose

Novembre Posted on 26 Nov, 2015 16:56:31

Oui, aujourd’hui, j’ai envie de parler d’autre chose. Je reviens des funérailles de la maman d’un ami. Sa fille et lui ont rendu hommage à la disparue, un hommage chaleureux, doux et profond, qui m’a ému doucement et profondément. Il n’est pas scandaleux de mourir à 83 ans. Il n’empêche: c’est douloureux. L’émotion des autres nous touche, l’empathie nous rend bons. Et j’ai pensé, bien sûr, à ces familles meurtries par le 13 novembre, et je me suis demandé quel souvenir j’allais laisser, par exemple, à ce petit garçon câlin, l’un de mes fils, à l’âge de cinq ans.
C’est difficile de parler d’autre chose. Mais le bonheur existe néanmoins. La preuve.
A demain.



Pas grand chose

Novembre Posted on 25 Nov, 2015 23:56:30

Rien hier, pas grand chose aujourd’hui: Bruxelles sort d’une torpeur dont on se demande le bien-fondé. Il y a plein d’enfants qui ne veulent pas retourner à l’école; avant lundi, ils n’avaient pas peur, mais depuis, comme on a perturbé leurs habitudes, ils trouillent et leurs parents avec, qui se demandent ce qui a changé.
Mon instinct de journaliste me souffle que quand rien ne fuit, c’est qu’il n’y a pas grand chose à cacher.
Sont-ce les anges motocyclistes de feu mon copain Somville qui rendent la station Hankar vulnérable? Un mien ami prétend que si on a rouvert la moitié du métro, c’est qu’on ne risque qu’un demi-attentat.
C’est décidé, demain, je parle d’autre chose.
Ah oui, les chats? C’est comme l’autre soir, pour dérouter les terroristes et saturer le réseau. Pas question de relâcher la vigilance. Pour moi, le symbole de toute cette affaire, c’est ce gros policier, probablement fort brave homme, qui roulait des yeux furieux au lendemain de Paris à la station Osseghem, se prenant l’espace de trois volte-face pour James Bond et qui, s’il avait tiré avec sa mitraillette, se serait tiré une rafale dans le pied. Il n’arrivait même pas à avoir l’air méchant.
A demain.



Rien

Novembre Posted on 24 Nov, 2015 23:51:33

Il y a quelque chose de pourri en Belgicanie. Le petit royaume d’opérette a réglé aujourd’hui un point important: seuls les enfants du roi et ses petits-enfants auront droit à porter le titre ô combien prestigieux de prince de Belgique. Le principal parti de gouvernement, la NVA, fait de l’antisocialisme primaire. Le principal syndicat justifie sa grève qui n’a intéressé personne, puisque dans les rues c’est toujours la même chose: rien.
Rien comme le résultat de l’enquête. Rien comme le sentiment général à Bruxelles. Rien comme dans rien à signaler. Je me suis surpris, aujourd’hui, à ne pas dire de rien à quelqu’un qui me disait merci.
Il ne s’est rien passé. Il s’agit peut-être, analysent les experts pointus, d’une grande victoire des mesures gouvernementales, puisque leur but était qu’il ne se passe rien. Mais peut-être les a-t-on prises pour rien. Rien à redire? Rien à déclarer? Rien à cirer? Un rien amuse les habitants de la capitale. Normal: ils s’emmerdent. Ils n’ont rien à faire. Et n’avoir rien à foutre, eh bien justement, on n’en a rien à foutre. La nature humaine elle aussi a horreur du vide. L’impatience guette. Et le sentiment diffus que tout cela fait bien l’affaire de gens pour lesquels nos libertés comptent pour rien.
A demain.



Une ville morte avant d’avoir été tuée

Novembre Posted on 23 Nov, 2015 23:56:10

Seize terroristes arrêtés hier, quinze relâchés aujourd’hui. Le métro ne roule pas. Les gens télétravaillent. Les écoles sont fermées, jusqu’aux universités. Les trains roulent (sauf là où il y a grève) même en souterrain, raison invoquée pour stopper le métro. Les avions volent. Les médias meublent. Bref ce n’est pas encore un régime totalitaire mais ça y ressemble, la Belgique, à présent, avec cette capitale – qui est aussi celle de l’Europe – en léthargie, où rien n’est possible même si rien n’est interdit. On met des petits chats dans les tweets, ça fait Titi et Grosminet.
La ville est morte sans même qu’on ait eu à la tuer. Kafka est belge, c’est certain. Mais on ne sait pas si Bruxelles, c’est le château, la métamorphose ou le procès.
A demain (sans métro, sans écoles,…)



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