L’esprit scientifique croit que le temps est linéaire. C’est faux. Même scientifiquement, c’est faux, mais c’est une autre histoire. Le temps n’est pas vraiment élastique non plus (encore que comme un élastique, quand on lui tire trop dessus, il vous claque dans la main). Ce qui est certain, c’est qu’il y a des jours qui passent trop vite, des heures trop longues, des secondes d’inattention et des minutes de silence.
Imaginez que vous soyez dans un pays inconnu. Vous avez quelques semaines pour l’explorer. Comment allez-vous procéder? Je mets ma main à couper qu’il y aura des jours de paresse où les attraits de la piscine ou du lit vous apparaîtront irrésistibles. Et puis le temps accélère, c’est l’asymptote finale, il reste tant à faire! Et on presse le pas.
Eh bien 2015 c’est la même chose. C’est presque fini. Il y a encore des choses que je voulais vous dire et que je n’ai pas dites, remettant à demain, mais demain, comme dirait Giancarlo Rè, ce sera hier après-demain.
Ce que je n’ai pas dit? Certaines choses, certains événements, certaines pensées, certaines douleurs, certaines joies. Je ne me suis pas masqué mais la webcam n’a pas été branchée jour et nuit. Mais il reste des choses que j’aurais pu ou voulu dire et qui resteront à jamais dans les limbes de l’inexprimé, de l’inconnu et j’allais dire de l’inimaginable, mais non justement: je les imagine très bien. Nulle sincérité n’est jamais complète, nul discours n’est jamais exhaustif. Je suis ce que je fus et ce que je serai. Mes pensées et mes désirs, mes actes et mes paroles, tout cela est à accorder et ce n’est pas toujours facile, et moi, vu de l’extérieur, comme on peut se tromper! Ou comme on peut avoir raison… Les démentis les plus virulents sont-ils les plus authentiques?
Je n’en sais rien, finalement. Ce matin en regardant la lumière apparaître, je pensais à Charles Cros. Ne craignez rien, je ne maudis / Personne car un paradis / Matinal, s’ouvre et me fait taire.
A demain.