De passage voici une bonne quinzaine de jours en mes terres occitanes, je me suis promené en famille dans les rues de Pézenas, ce qui n’a rien de très original en soi: tout le monde sait que c’est une très jolie petite ville et qu’elle est remplie d’estivants, pour reprendre un mot vieilli.
J’étais avec mon appareil photo et je me suis mis à mitrailler les devantures que le soleil avantageait. Les commerçants semblaient me prendre pour un journaliste (ai-je tellement une tête de journaliste?) qui rassemblait de la documentation pour un livre.
J’étais frappé par les couleurs et par la beauté des étalages. Et en rangeant ces photos, je me suis rappelé que François Truffaut, dans son dernier film notamment, avait été très attentif au noir et blanc. Il ne voulait pas de costume gris pour Jean-Louis Trintignant, par exemple; il voulait des couleurs qui étaient peut-être atroces mais dont le résultat, en noir et blanc, était celui escompté.
Je ne sais pas comment il a fait. Mais j’ai compris comment il ne fallait pas faire. La photo a l’air fade. En réalité, cela donne ceci:
J’ai juste mis, dans un logiciel de photo simplissime, la fonction “N&B”. Pas d’autre retouche!
Décidément il n’y a pas plus menteur qu’une photo. Je ne sais pas pourquoi j’en viens, sur le tard, à la fois à les détester mais aussi à les aimer pour cette raison. Puisqu’il s’agit de réalité travestie, c’est de l’art. Je déteste par contre les photos scénarisées. Je n’aurais jamais eu l’idée de payer deux acteurs pour s’embrasser à l’Hôtel de Ville.
A demain.