En cette fin d’été, l’araignée prolifère et développe ses toiles très visibles dans la rosée du matin.
Comme je le disais hier, j’aime les araignées, petites bestioles impopulaires qui cependant jouent un rôle dans la régulation des insectes. Pourquoi l’arachnophobie, dès lors, est-elle si fréquente? Dans sa forme aiguë, elle toucherait à peu près 6% des êtres humains mais à en croire la plupart des sources, une femme sur deux et un homme sur dix ont peur des araignées… Certains émettent l’hypothèse carrément idiote qu’il s’agit là d’une réminiscence multimillénaire: les hommes préhistoriques se seraient méfiés… Ils ont dû aussi se méfier des souris, probablement, bêtes féroces et menaçantes, capables de dévorer vif son homme en cinq sec.
J’aime la patience et l’agilité de l’araignée, sa persévérance, sa beauté aussi.
Quand j’étais jeune, dans le bureau de la maison que j’occupais à l’époque, il y avait une petite anfractuosité dans le plâtre à côté de la fenêtre. Une grande araignée noire y avait élu domicile et nous vivions en bonne intelligence. Elle sortait me saluer. Mais un jour, horrifiée, la femme de ménage l’a mise à mort alors que j’étais absent. Elle n’avait pas manqué de me signaler fièrement son forfait. Croyez-le ou non, mais cette araignée m’a manqué tout un temps, et je regardais avec nostalgie la petite anfractuosité qui attendait la réfection de la pièce pour disparaître, rendant désormais inhospitalière une fenêtre devenue d’un coup bien banale.
A demain.

PS. Jiminy a disparu. Je lui souhaite d’avoir d’un bond puissant retrouvé la nature et d’y vivre le reste de son âge.